mardi 28 février 2017

Dix ans après


 Mon premier repas dessiné, posté en 2009


Vous vous souvenez de 2007 ? Moi, je m'en souviens comme si c'était hier. À l'époque, j'habitais le quartier de Plaisance, dans le 14e, j'étais doctorante depuis près de cinq ans et je n'en pouvais plus de cette putain de thèse. Je ne savais pas ce que j'allais bien pouvoir faire de ma vie, mais ce que je savais, c'est que je n'allais pas devenir enseignant-chercheur — j'avais pu m'apercevoir que je n'étais pas du tout faite pour ça. C'était la lose.
Et puis un jour de février, en découvrant l'existence des blogs de cuisine, j'ai tout de suite eu envie de créer le mien. La bouche pleine, ça s'appelait, certains d'entre vous s'en souviennent peut-être. C'étaient les débuts de la blogosphère culinaire. On guettait les nouveaux billets sur Blogappétit, on allait commenter chez les copains, on participait à des jeux comme le KKVKVK (KiKiVeutKiVientKuisiner), on ne se prenait pas trop au sérieux. On se marrait bien en lisant les billets politico-culinaires de Grand Chef sur À la bonne vôtre !, les histoires d'Aurélie de Set de Table et les aventures illustrées de Mouton La Sieste. On se régalait des textes de Patoumi, de l'univers de Cuisine Campagne, on découvrait la cuisine japonaise et l'agar-agar grâce à Clea. On se disait que Le confit c'est pas gras et qu'Il en faut peu pour être heureux. Et puis il y avait Gracianne, Patrick Cadour et Loukoum°°°, qui étaient déjà géniaux et qui ont continué leur blog sans rien changer.
Je repense parfois avec nostalgie à tout cela.

C'était il y a dix ans, et depuis, que de changements dans ma vie. Après la thèse, il y eut le chômage, puis j'ai travaillé, et chômé à nouveau, puis re-travaillé et re-chômé, puis re-re-travaillé et finalement changé de métier et écrit un livre. Ma vie ne serait clairement pas ce qu'elle est aujourd'hui si je n'avais pas créé mon blog — en loucedé bien sûr — juste avant d'aller voir Regina Spektor au Trabendo en ce jour de février 2007.
Avant l'arrivée des dessins, il y eut quelques recettes chinoises mais pas trop, une montagne de macarons et de biscuits de Noël (les fameux Weihnachtskekse), la BnF et les lunchboxes, le voyage à Hong Kong et au Japon. Et ce voyage fut un déclic : l'envie de dessiner était revenue, après une longue absence.
Au début, ça ressemblait à ça :






 


 


 






 


 


 


 




On est bien d'accord pour dire que c'est un peu mieux aujourd'hui ?






















 


 

 











 Dix ans après, ma vie a changé grâce à tous ces dessins. Et je ne regrette rien.

mercredi 9 novembre 2016

Calendrier gourmand 2017




D'avance, je m'excuse. J'ai encore quelque chose à vous vendre, mais c'est ainsi que j'essaie de gagner ma vie à présent, alors j'espère que vous ne m'en voudrez pas de faire un peu de promotion. Après, je vous promets que je reviendrai à mes posts habituels — j'aimerais tellement vous raconter mon voyage en Algarve en juin dernier, ou mon voyage en Corse en septembre, vous parler de ma nouvelle vie, de mes nouveaux projets...

Donc, je vends un calendrier illustré pour 2017, un vrai calendrier imprimé, plus beau que ceux que je mets ici depuis quelques années. Pour tout savoir, c'est ici.

Merci !




Edit : La campagne de souscription est close, mais vous pouvez désormais trouver ce calendrier sur ma toute nouvelle boutique Etsy.





À la table d'une famille chinoise


http://www.editionsalternatives.com/site.php?type=P&id=1822

Alors voilà, j'ai écrit un livre.

Un jour de juillet 2012, alors que je m'apprêtais à exercer pour de bon le métier de mes rêves, à me plonger dans les assistants virtuels, les dictionnaires, les grammaires, les graphes syntaxiques et sémantiques et à prendre véritablement mon pied au milieu de tout ça, je fus contactée par les éditions Alternatives, qui étaient intéressées par mon travail d'illustration. Un rendez-vous fut fixé rapidement, où je parlai à Charlotte Gallimard de mon envie de recueillir les recettes de ma famille et de les illustrer moi-même. Ce projet de livre fut accepté immédiatement — oui, je mesure ma chance — mais mit plusieurs années à mûrir et à se concrétiser.

Ce n'est qu'en quittant mon poste de linguiste en mars dernier que je pus me mettre sérieusement au travail. Je m'y plongeai entièrement. Pendant des mois, les jours se suivirent et se ressemblèrent. Nuits blanches. Journées solitaires. La respiration quotidienne me fut apportée par la piscine du matin, suivie du café avec les copains, la "bande aquatique". Leur présence me donna du courage, de la force pour mener le projet à terme.


Et puis, le 27 octobre, le livre vit le jour. Enfin.


Aujourd'hui, je suis enfin libérée de cette angoisse de voir les recettes de ma famille se perdre avec la disparition de mes grands-parents d'abord, puis celle de mes parents, inéluctable.

Ce que mes grands-parents ont été, ce que mes parents sont, ce qu'ils nous ont donné de plus cher est dans ce livre. C'est mon trésor.


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Si vous avez des difficultés à le trouver, voici une liste (non exhaustive) des librairies qui l'ont en stock.

dimanche 1 mai 2016

Zeste, Le Tricycle et moi




Il y a quelque temps, j'ai rencontré une journaliste du magazine Zeste. Nous avons pris un thé chez Mûre et je lui ai raconté ma vie dans les grandes largeurs. Elle en a tiré la substantifique moëlle avec ce petit portrait paru dans le tout nouveau numéro de Zeste, où je suis merveilleusement entourée : vous pourrez y découvrir également les portraits de Natsuko Imai, Lucile Prache et Guillaume Long — qu'on ne présente plus. Et pour l'occasion, j'ai fait un dessin du brunch du Tricycle, que j'adore.

Merci Jill Cousin pour ce coup de projecteur !

Sur ce, je retourne à mes dessins, car j'ai un livre à boucler et je suis bien partie pour en baver comme en fin de thèse. Argh.

mardi 22 mars 2016

How can we hang on to a dream (le retour de l'intranquillité)



Combien de fois peut-on changer de vie dans une vie ?

Lorsque j'ai décroché le boulot de mes rêves en 2012 — vous vous en souvenez peut-être — je n'imaginais pas que cela prendrait fin à peine trois ans et demi plus tard... Finies les journées au bureau, les escapades du midi avec les copains, les pauses goûters debout dans la petite cuisine, finis les team meetings du lundi matin, les conf calls en allemand et en anglais, avec les collègues à l'autre bout du monde, les parties de rigolade et les conversations délirantes à travers l'open space. Finis le bruit de la balle de ping pong de la R&D et les cris des mouettes (?) autour de la place d'Estienne-d'Orves en milieu de journée. Le dernier jour, après avoir pleuré à chaudes larmes, foiré mon discours d'adieu (à cause des chaudes larmes), vidé mes tiroirs et rendu mon badge, je suis partie, laissant derrière moi les restes d'une période heureuse mais définitivement révolue. Le temps est venu de passer à autre chose.

Me voici donc à l'aube d'une nouvelle vie à inventer, à construire ; une vie à laquelle rien ne m'avait préparée — surtout pas mon expérience dans l'enseignement et la recherche, ni mes années de salariat. Mon petit cœur ne cesse de faire les montagnes russes, submergé, balloté par un tas d'émotions contraires, intenses et épuisantes.

Y arriverai-je ?

Ce que je sais, c'est que je voudrais consacrer cette nouvelle vie à dessiner, à manger plein de bonnes choses et à continuer à fréquenter les lieux que j'aime : Septime, Mûre, Hexagone, Nina, Abri, Le Tricycle, La Pointe du Grouin... tant que le porte-monnaie suivra (hum...).
Je ne suis pas certaine de vous avoir parlé de Nina, un trésor caché "au fin fond du 14e" selon certains — mais bon, ceux qui disent ça en faisant la moue ne connaissent clairement pas le quartier de Pernety...
Au fin fond du 14e, donc, il y a un type un peu fou, qui s'appelle Alexandre Morin et qui cuisine des trucs hyper bons. Il vous sert des assiettes colorées, savoureuses et hyper généreuses même quand il s'agit de petites portions (dans les fameuses formules "mosaïque"). On a beau lui dire que c'est un peu trop copieux, il n'en fait qu'à sa tête et continue à garnir ses plats comme un dingue. La pêche du jour me fait souvent penser à un poisson qui se serait perdu dans un potager tant l'assiette foisonne de légumes et d'herbes de toutes sortes — ce qui rend d'ailleurs le plat extrêmement difficile à dessiner.
L'intitulé des plats, en trois ingrédients, ne dit que très peu de choses sur ce que l'on va effectivement manger, il faut accepter la surprise, la découverte. Et une fois que vous connaissez le talent et la générosité d'Alexandre Morin, vous n'avez de cesse de retourner chez Nina. Pour nous, c'est dans quelques jours, et je trépigne d'impatience.

Nina
139, rue du Château
75014 Paris
09 83 01 88 40
M° Pernety
Ouvert du mardi au samedi, de 12h à 14h30 et de 19h30 à 22h30  

Bonus : après un bon déjeuner chez Nina, filez chez Hexagone Café, qui se trouve dans la même rue. Chung-Leng sait faire du bon café. Et son padawan Brian aussi. En plus, ils vous accueilleront avec le sourire.

mardi 9 février 2016

Gong hei fat choy 恭喜發財 !




Juste un passage éclair, avec quelques gâteaux chinois, pour vous souhaiter une belle année du Singe.

Je serai de retour ici dans quelques semaines et, si tout se passe bien, de façon plus assidue que ces derniers mois. Stay tuned!